# Peut-on obtenir un crédit personnel avec un contrat en CDD ?
Le marché du travail français a considérablement évolué ces dernières années, avec une multiplication des contrats à durée déterminée qui concernent désormais près de 87% des nouvelles embauches selon les données de la DARES. Cette réalité professionnelle pose une question cruciale pour des millions de travailleurs : comment financer un projet personnel lorsque votre situation contractuelle ne correspond pas aux critères traditionnels des établissements bancaires ? L’accès au crédit en CDD n’est pas impossible, contrairement aux idées reçues qui persistent dans l’imaginaire collectif. Les organismes financiers ont progressivement adapté leurs grilles d’analyse pour prendre en compte la diversité des parcours professionnels contemporains. Comprendre les mécanismes d’évaluation, connaître les établissements les plus ouverts et optimiser votre dossier constituent les clés pour transformer votre projet en réalité, même sans la sécurité apparente d’un contrat à durée indéterminée.
Les critères d’éligibilité au crédit personnel en situation de CDD
L’obtention d’un crédit personnel lorsque vous êtes en CDD repose sur une analyse multicritères que les établissements financiers affinent constamment. Contrairement à une époque où le CDI représentait un sésame quasi obligatoire, les banques et organismes de crédit examinent désormais votre situation dans sa globalité. Votre capacité de remboursement constitue le pivot central de cette évaluation, bien au-delà du simple statut contractuel. Les statistiques montrent qu’environ 45% des demandes de crédit émanant de personnes en CDD aboutissent favorablement lorsque le dossier présente des garanties suffisantes. Cette proportion démontre que la nature temporaire de votre contrat ne constitue pas automatiquement un facteur éliminatoire.
Le taux d’endettement maximal de 35% imposé par le HCSF
Depuis janvier 2021, le Haut Conseil de Stabilité Financière a instauré une règle stricte limitant le taux d’endettement à 35% de vos revenus nets. Cette mesure s’applique indistinctement à tous les profils, qu’ils soient en CDI ou en CDD. Concrètement, si vous percevez un salaire mensuel net de 2000 euros, vos mensualités de crédit ne pourront excéder 700 euros. Ce plafond inclut l’ensemble de vos charges de crédit : prêt personnel, crédit auto, crédit immobilier si vous en avez un. Pour calculer précisément votre capacité d’emprunt, les établissements additionnent toutes vos mensualités de crédit et les divisent par vos revenus nets mensuels. Un taux d’endettement inférieur à 30% vous positionne dans une zone de confort maximale pour négocier. Au-delà de 33%, même avec un excellent profil, vous risquez de rencontrer des refus systématiques.
La période d’essai et son impact sur l’acceptation du dossier
La période d’essai représente un moment particulièrement délicat pour solliciter un crédit. La plupart des organismes refusent d’étudier une demande tant que cette phase n’est pas validée. Pour un CDD, la durée de la période d’essai varie selon la longueur du contrat : un jour par semaine pour les contrats inférieurs à six mois, un mois pour les contrats supérieurs. Une fois cette étape franchie, votre dossier gagne instantanément en crédibilité. Certains établissements acceptent néanmoins d’instruire votre demande pendant la période d’essai, mais conditionnent le déblocage des fonds à sa validation effective. Cette pratique
conditionne souvent aussi les paramètres du prêt : montant accordé, durée de remboursement et taux proposé. En clair, tant que votre période d’essai n’est pas validée, votre pouvoir de négociation reste limité. Si votre projet n’est pas urgent, il est donc stratégique d’attendre la fin de cette phase pour déposer votre demande de crédit personnel en CDD. Vous montrerez ainsi à l’organisme prêteur que le risque de rupture anticipée de contrat est déjà réduit, ce qui peut faire basculer un avis défavorable vers une acceptation.
L’ancienneté professionnelle et la succession de contrats temporaires
Face à un contrat CDD, les banques regardent rarement votre situation à un instant T uniquement : elles analysent votre parcours sur les 12 à 24 derniers mois. Une succession de CDD, de missions d’intérim ou de contrats saisonniers dans le même secteur d’activité est souvent perçue comme un signe de stabilité, même si les contrats restent juridiquement temporaires. À l’inverse, de longues périodes d’inactivité, des changements de secteurs fréquents ou des interruptions répétées entre deux missions peuvent fragiliser votre dossier. Pour maximiser vos chances d’obtenir un crédit personnel avec un CDD, vous avez donc tout intérêt à valoriser votre continuité d’activité, en mettant en avant votre ancienneté globale sur le marché du travail plutôt que la seule durée de votre contrat en cours.
D’un point de vue pratique, un historique professionnel de 18 mois à 2 ans avec peu d’interruptions constitue souvent un seuil rassurant pour les organismes prêteurs. C’est un peu comme présenter un « relevé de route » à votre banquier : plus votre trajectoire est régulière, plus il sera enclin à considérer que vos revenus resteront au même niveau dans les mois à venir. N’hésitez pas à joindre, en plus de votre CDD actuel, les contrats précédents et les attestations d’employeurs pour illustrer cette continuité. Certains conseillers n’hésitent d’ailleurs pas à reconstituer une sorte de « CDI de fait » lorsqu’ils constatent que vous enchaînez les contrats chez le même employeur ou dans la même entreprise de travail temporaire.
Le reste à vivre minimum exigé par les organismes prêteurs
Au-delà du taux d’endettement, les banques attachent une importance croissante au reste à vivre, c’est-à-dire à la somme qui vous reste chaque mois une fois toutes vos charges fixes payées (loyer, crédits en cours, pensions, charges récurrentes). Ce critère est particulièrement scruté pour les emprunteurs en CDD, car il donne une vision concrète de votre marge de manœuvre budgétaire. Même avec un taux d’endettement inférieur à 35 %, un reste à vivre jugé trop faible pourra conduire à un refus de crédit personnel. Les seuils varient selon les établissements, mais on observe souvent des minima autour de 700 à 800 euros pour une personne seule, et davantage pour un couple ou une famille avec enfants.
Pour optimiser ce paramètre, il peut être utile de réduire certaines charges avant votre demande de prêt : résilier un abonnement superflu, renégocier un autre crédit, ou encore solder un petit prêt renouvelable. Imaginez votre budget comme un seau : plus il est déjà rempli de dépenses incompressibles, moins il restera de place pour une nouvelle mensualité de crédit. En allégeant certaines charges en amont, vous augmentez mécaniquement votre reste à vivre, et donc la perception de sécurité de l’organisme prêteur. En parallèle, montrer que vous parvenez à épargner, même 50 ou 100 euros par mois, renforce encore votre crédibilité.
Les banques et organismes de crédit acceptant les profils en CDD
Tous les établissements ne portent pas le même regard sur les contrats temporaires. Certains acteurs restent très attachés au CDI, quand d’autres ont adapté leurs politiques pour mieux intégrer les profils en CDD, intérim ou freelance. Connaître ces différences vous permet de cibler directement les organismes les plus susceptibles d’accepter un crédit personnel avec un contrat en CDD. Vous gagnez du temps, limitez les refus successifs (qui peuvent laisser des traces dans certains fichiers internes) et augmentez vos chances d’obtenir des conditions de financement correctes. Focus sur quelques acteurs majeurs du crédit à la consommation et leur positionnement vis-à-vis des contrats temporaires.
Cofidis et sa politique d’octroi pour les contrats temporaires
Cofidis fait partie des organismes de crédit qui se montrent relativement ouverts aux emprunteurs en CDD, à condition que le dossier reste cohérent. Pour un crédit personnel, l’accent est mis sur la stabilité globale des revenus, l’absence d’incidents bancaires récents et le respect du taux d’endettement maximal. En pratique, Cofidis a tendance à adapter le montant et la durée du prêt à la durée restante de votre contrat. Par exemple, un CDD de 18 mois permettra plus facilement de financer un projet sur 12 ou 18 mois qu’un CDD de 6 mois avec fin proche.
Pour un crédit personnel avec Cofidis, il est particulièrement important de présenter des relevés de compte propres sur les trois derniers mois : pas de découverts réguliers, pas de rejets de prélèvements, ni de suraccumulation de crédits renouvelables. Si vous êtes en mission au moment de la demande, que vos contrats se succèdent depuis au moins un an et que vous disposez d’un petit matelas d’épargne, votre profil sera d’autant mieux perçu. Cofidis peut aussi valoriser la présence d’un co-emprunteur en CDI, ce qui permet parfois d’obtenir des montants plus élevés ou un TAEG plus avantageux.
Cetelem et les conditions spécifiques pour les CDD
Cetelem, acteur historique du crédit à la consommation, accepte aussi les demandes de crédit personnel émanant de salariés en CDD, sous réserve d’un dossier solide. Là encore, le statut contractuel n’est pas le seul critère : les analystes de risque prennent en compte votre expérience professionnelle récente, vos revenus, vos charges et votre comportement bancaire. Dans de nombreux cas, Cetelem va rechercher une cohérence entre la durée du crédit et la durée de vos perspectives professionnelles. Un CDD renouvelé plusieurs fois ou un contrat de longue durée (18 à 36 mois) sont perçus comme des signaux positifs.
Pour maximiser vos chances chez Cetelem avec un CDD, mieux vaut viser un montant de crédit en phase avec votre capacité de remboursement et, si possible, fournir un apport personnel (par exemple pour un prêt auto ou un financement de travaux). Cetelem propose par ailleurs différents types de crédits (prêt auto, prêt travaux, prêt personnel non affecté) dont les conditions peuvent varier selon la nature du projet. Vous avez donc intérêt à présenter un projet clair, chiffré et réaliste, plutôt qu’une demande de trésorerie « fourre-tout », souvent analysée de manière plus prudente par les équipes de crédit.
Les néobanques comme younited credit face aux contrats précaires
Les néobanques et plateformes de crédit 100 % en ligne, comme Younited Credit, se sont imposées ces dernières années avec des processus de décision largement automatisés. Leur particularité : une analyse plus fine de vos données bancaires, souvent via l’agrégation de comptes, qui permet de dépasser le simple intitulé de votre contrat de travail. Chez Younited Credit, un emprunteur en CDD pourra par exemple voir son dossier accepté s’il présente des revenus réguliers, un historique sans découvert significatif et une capacité d’épargne, même modeste. En contrepartie, la plateforme peut ajuster le montant maximal empruntable et la durée du crédit pour contenir le risque.
Pour un crédit personnel avec une néobanque, votre « comportement financier réel » pèse parfois plus lourd que votre contrat CDD lui-même. Imaginez que l’algorithme examine vos comptes comme un film de votre vie financière sur 6 ou 12 mois : salaires, dépenses, épargne, remboursements. Si ce film montre une gestion sérieuse et prévisible, votre situation en CDD sera moins pénalisante. L’avantage de ces acteurs en ligne réside aussi dans la rapidité des réponses et la transparence des frais, ce qui permet de comparer facilement plusieurs propositions avant de vous engager.
La banque postale et son approche des dossiers atypiques
La Banque Postale se distingue par une approche souvent qualifiée de « citoyenne », avec une réelle volonté d’examiner les dossiers au cas par cas, y compris ceux des emprunteurs en CDD, intérimaires ou indépendants. Le conseiller va s’intéresser à votre projet, à votre secteur d’activité, à la nature de vos contrats successifs et aux garanties que vous pouvez apporter. Un CDD dans la fonction publique, par exemple, ou dans un secteur en tension (santé, logistique, numérique) ne sera pas perçu de la même façon qu’un contrat très saisonnier avec de longues périodes de creux.
Si vous êtes en CDD et que vous envisagez de solliciter un crédit personnel auprès de La Banque Postale, il est pertinent de prendre rendez-vous en amont pour cadrer votre projet. Cela vous permettra d’ajuster éventuellement le montant, la durée ou le type de prêt (crédit conso classique, prêt travaux, prêt véhicule, etc.) en fonction de leurs critères. La Banque Postale peut aussi combiner différentes solutions, comme un prêt conventionné ou un prêt travaux réglementé, lorsque le projet concerne l’habitat. Cette approche sur mesure peut s’avérer particulièrement intéressante pour les profils jugés « atypiques » dans les grilles standard des autres établissements.
Les documents justificatifs requis pour constituer un dossier de crédit en CDD
Quel que soit l’organisme sollicité, la qualité de votre dossier joue un rôle central dans l’acceptation d’un crédit personnel en CDD. Plus vos pièces justificatives sont complètes, lisibles et cohérentes, plus l’analyse sera rapide et favorable. On peut comparer cette étape à la constitution d’un dossier de candidature : vous devez donner à la banque tous les éléments nécessaires pour se faire une opinion objective de votre situation. Voici les principaux documents qui vous seront demandés et la façon dont ils sont interprétés par les services de crédit.
Les bulletins de salaire des trois derniers mois et leur analyse
Les trois derniers bulletins de salaire constituent la base de l’étude de votre solvabilité. Ils permettent de vérifier le montant exact de vos revenus nets, la régularité de leur versement, ainsi que l’existence éventuelle de primes ou heures supplémentaires. Pour un CDD, ces bulletins confirment aussi le type de contrat, la durée hebdomadaire de travail et parfois la date de fin de contrat. Les analystes comparent généralement ces montants à ceux indiqués sur votre contrat et sur votre dernier avis d’imposition pour s’assurer de leur cohérence.
Si vos revenus varient d’un mois à l’autre (par exemple en cas d’horaires variables, de primes, de missions complémentaires), l’établissement peut calculer une moyenne sur plusieurs mois pour déterminer votre revenu de référence. D’où l’intérêt de conserver vos fiches de paie au-delà de trois mois, surtout si vous enchaînez les contrats. En cas de baisse ponctuelle de salaire, il est parfois utile d’apporter une explication écrite ou de vive voix à votre conseiller (mission plus courte un mois donné, congé non rémunéré, etc.) pour éviter toute interprétation défavorable.
Le contrat de travail CDD avec la date de fin de mission
Le contrat de travail est un autre document clé, car il précise noir sur blanc la durée de votre CDD, la période d’essai, la nature de vos fonctions et votre rémunération. Les banques y attachent une importance particulière pour évaluer la visibilité de vos revenus dans le temps. Un CDD de 24 mois déjà entamé depuis 6 mois, par exemple, offre des perspectives de revenus pour encore 18 mois, ce qui peut justifier une durée de crédit similaire. À l’inverse, un contrat qui se termine dans deux mois rendra plus difficile l’obtention d’un crédit sur 24 ou 36 mois.
Si votre CDD fait l’objet de renouvellements réguliers ou s’inscrit dans une logique de pré-embauche, n’hésitez pas à joindre les avenants successifs ou, le cas échéant, une lettre de votre employeur évoquant une possible prolongation ou une transformation en CDI. Même si ces éléments n’ont pas de valeur contractuelle ferme, ils peuvent rassurer certains établissements sur la continuité probable de vos revenus. Ils contribuent à montrer que votre CDD s’inscrit dans une trajectoire professionnelle ascendante plutôt que dans une précarité subie.
Les avis d’imposition et la déclaration de revenus fiscale
L’avis d’imposition permet aux organismes de crédit de prendre du recul sur votre situation financière sur l’année écoulée. Il synthétise vos revenus, leur nature (salaires, allocations, revenus fonciers, etc.) et les impôts que vous avez réglés ou devez encore régler. Pour un emprunteur en CDD, l’avis d’imposition permet de vérifier que, malgré la nature temporaire de vos contrats, vos revenus annuels restent globalement stables et suffisants pour supporter une nouvelle mensualité. Certains prêteurs peuvent également tenir compte d’éventuels revenus complémentaires (location, activité indépendante) déclarés au fisc.
Présenter plusieurs avis d’imposition consécutifs peut parfois jouer en votre faveur, notamment si vos revenus sont en progression régulière. Cela montre que votre capacité à générer des ressources s’améliore au fil du temps, ce qui réduit le risque perçu. À l’inverse, un avis d’imposition très faible ou en forte baisse par rapport aux années précédentes peut inciter la banque à limiter le montant ou la durée de votre crédit personnel. Dans ce cas, il peut être judicieux de revoir votre projet à la baisse ou de consolider d’abord votre situation professionnelle avant de solliciter un financement important.
Le relevé de compte bancaire et l’historique des opérations
Les relevés de compte des trois derniers mois (parfois six) constituent souvent le document le plus révélateur de votre comportement financier. Les établissements y vérifient la présence ou non de découverts fréquents, de rejets de prélèvements, de paiements en retard, mais aussi la manière dont vous gérez vos dépenses du quotidien. Un compte qui présente régulièrement un solde positif en fin de mois, sans dépassement autorisé ni incidents, envoie un signal très rassurant, en particulier lorsque vous êtes en CDD.
On peut comparer ces relevés à une carte d’identité de votre budget réel : ils montrent si vous vivez systématiquement « à l’euro près » ou si vous disposez d’une marge de sécurité. Avant de déposer votre demande de crédit, il peut donc être pertinent d’anticiper quelques mois en évitant les découverts, en remboursant un petit crédit renouvelable ou en mettant de côté une épargne régulière, même modeste. Cette préparation en amont peut transformer un dossier jugé fragile en un profil acceptable, voire attractif, malgré un statut contractuel précaire.
Les solutions alternatives et dispositifs de garantie pour sécuriser l’emprunt
Lorsque le seul profil en CDD ne suffit pas à emporter la décision, il est possible de recourir à différents leviers pour sécuriser l’emprunt aux yeux de la banque. Ces solutions ne sont pas obligatoires, mais elles peuvent nettement améliorer vos chances d’obtenir un crédit personnel, ou vous permettre d’accéder à de meilleurs taux et à des montants plus élevés. Vous pouvez les voir comme des « ceintures de sécurité » supplémentaires qui viennent compléter votre dossier de base. Tour d’horizon des principales options : assurance emprunteur, co-emprunt, caution, hypothèque ou nantissement.
L’assurance emprunteur adaptée aux contrats temporaires
Même si elle n’est pas toujours légalement obligatoire pour un crédit à la consommation, l’assurance emprunteur est très souvent exigée ou fortement recommandée, surtout lorsque l’emprunteur est en CDD. Elle permet de couvrir tout ou partie des mensualités en cas de décès, d’invalidité ou parfois de perte d’emploi selon les garanties souscrites. En acceptant de vous assurer, l’organisme d’assurance partage le risque avec la banque, ce qui peut favoriser l’octroi du crédit. Certaines assurances disposent d’offres spécifiques pour les contrats temporaires, avec des critères d’admissibilité adaptés.
Attention toutefois : toutes les garanties « perte d’emploi » ne couvrent pas les situations de fin de CDD, beaucoup se limitant aux licenciements de salariés en CDI. Il est donc crucial de lire attentivement les conditions générales pour éviter de payer une garantie inadaptée à votre situation. Dans bien des cas, il sera plus pertinent de privilégier une bonne couverture décès / invalidité, tout en conservant une épargne de précaution pour faire face à une éventuelle période sans contrat. Vous pouvez également comparer plusieurs assurances emprunteur en délégation, ce qui permet parfois de réduire significativement le coût total de votre crédit personnel.
Le co-emprunteur en CDI comme levier d’acceptation
Emprunter à deux, avec un co-emprunteur en CDI, est probablement l’un des leviers les plus puissants pour faire accepter un crédit personnel en CDD. En associant un profil jugé « stable » (CDI, revenus réguliers, situation bancaire saine) au vôtre, vous partagez la responsabilité du remboursement et diminuez le risque global aux yeux de la banque. Les revenus des deux emprunteurs sont additionnés pour calculer la capacité d’endettement, ce qui peut débloquer des montants plus importants et/ou des conditions plus avantageuses.
Contrairement à une idée répandue, le co-emprunteur n’a pas besoin d’être votre conjoint : il peut s’agir d’un parent, d’un ami proche ou de toute personne acceptant de s’engager avec vous. En pratique, l’établissement va analyser la solvabilité du co-emprunteur avec la même rigueur que la vôtre. Il est donc essentiel que cette personne mesure bien les implications de son engagement, car en cas de défaut de paiement, elle sera tenue de prendre le relais. Pour vous, l’enjeu est de choisir un partenaire de confiance, et d’anticiper ensemble différents scénarios de remboursement pour éviter toute tension future.
La caution solidaire ou hypothécaire pour renforcer le dossier
Outre le co-emprunt, vous pouvez aussi présenter une personne qui se porte caution pour votre crédit personnel. On parle de caution solidaire lorsque cette personne s’engage à rembourser tout ou partie des sommes dues en cas de défaillance de votre part. La banque évalue alors la solidité financière du garant (revenus, patrimoine, absence de fichage) comme si elle étudiait un deuxième dossier. Une caution solide peut parfois faire pencher la balance en votre faveur, notamment si vous êtes en début de vie professionnelle avec un CDD récent.
Dans certains cas plus patrimoniaux, une garantie hypothécaire peut être envisagée, par exemple si vous êtes déjà propriétaire d’un bien immobilier. L’établissement de crédit prend alors une hypothèque sur ce bien : en cas de non-remboursement, il pourra le saisir et le vendre pour récupérer les sommes dues. Cette solution, plus lourde et plus engageante, est plutôt réservée aux montants importants ou aux projets immobiliers, mais elle illustre à quel point une garantie réelle peut compenser les fragilités liées à un contrat temporaire. Il convient cependant de bien mesurer le risque avant de mettre un bien en jeu pour un crédit.
Le nantissement d’un placement financier ou d’une assurance-vie
Si vous disposez d’une épargne conséquente, sur un contrat d’assurance-vie ou sur un autre placement financier, vous pouvez proposer son nantissement comme garantie. Concrètement, vous conservez la propriété de votre contrat, mais l’organisme prêteur en devient bénéficiaire en cas de défaut de paiement. Cette solution rassure fortement la banque, qui sait qu’elle pourra se rembourser en prélevant les sommes nécessaires sur ce placement si besoin. En contrepartie, vous pouvez parfois obtenir un TAEG plus bas ou un montant de crédit plus élevé, même avec un simple CDD.
Le nantissement présente l’avantage de ne pas vous obliger à casser votre épargne immédiatement : votre placement continue de produire des intérêts, tout en servant de garantie. C’est un peu comme laisser votre assurance-vie en « caution » plutôt que de la liquider. Attention toutefois : si vous utilisez cette solution, vérifiez bien les conditions de déblocage anticipé de votre contrat, ainsi que les éventuels frais en cas de rachat partiel ou total. Il s’agit d’une stratégie intéressante pour les profils en CDD disposant déjà d’un certain patrimoine, mais qui doit être maniée avec discernement.
Les montants et durées de remboursement accessibles en CDD
Les montants et les durées proposés pour un crédit personnel en CDD sont généralement plus encadrés que pour un emprunteur en CDI. Les organismes cherchent à adapter au maximum l’échéancier à la visibilité de vos revenus. Concrètement, il sera plus facile d’obtenir un crédit de 3 000 à 8 000 euros sur 12 à 36 mois qu’un financement de 30 000 euros sur 7 ans lorsqu’on est en contrat temporaire. L’idée est simple : limiter la période pendant laquelle la banque prend le risque de vous prêter, tout en maintenant des mensualités compatibles avec votre taux d’endettement et votre reste à vivre.
De nombreux prêteurs cherchent ainsi à faire coïncider la durée du crédit avec la durée restante de votre CDD, ou avec votre ancienneté globale en mission lorsqu’il s’agit d’intérim. Par exemple, un intérimaire avec 24 mois d’ancienneté quasi ininterrompue pourra parfois obtenir un crédit sur 36 mois, alors qu’un salarié en CDD de 6 mois se verra plutôt proposer un remboursement sur 6 à 12 mois. Pour un projet plus ambitieux (achat de véhicule onéreux, gros travaux, apport immobilier), il peut être judicieux de scinder le financement : une partie via un crédit conso court, une autre via un apport personnel ou une aide spécifique (prime, prêt solidaire, etc.).
Le taux annuel effectif global (TAEG) appliqué aux profils en contrat temporaire
Le TAEG, ou taux annuel effectif global, représente le coût total de votre crédit : il inclut le taux d’intérêt nominal, les frais de dossier éventuels, le coût de l’assurance obligatoire le cas échéant, et tous les autres frais liés au prêt. Pour les emprunteurs en CDD, ce TAEG peut se situer dans la fourchette haute des offres de crédit à la consommation, car les organismes intègrent une prime de risque liée à votre statut professionnel. Plus le prêteur estime que le risque de défaut est élevé, plus le TAEG proposé pourra être important, dans la limite des taux d’usure fixés par la Banque de France.
Cela ne signifie pas pour autant qu’un crédit personnel en CDD est forcément synonyme de taux prohibitifs. En soignant votre dossier (gestion de compte irréprochable, épargne régulière, garanties, co-emprunteur), vous pouvez vous rapprocher des TAEG proposés aux salariés en CDI pour des profils comparables. L’important est de comparer plusieurs offres, idéalement en utilisant des simulateurs en ligne ou l’expertise d’un courtier, afin d’identifier le meilleur compromis entre coût total, mensualité et durée. N’oubliez pas que vous pouvez aussi renégocier ou rembourser par anticipation votre crédit si votre situation s’améliore, par exemple en cas de passage en CDI ou de hausse de revenus.